Archives pour la catégorie N’importe comment

Un Castor nommé Pollux

C’est l’histoire d’un castor qui s’appelait Pollux. Drôle de nom pour un castor, me direz-vous ! C’est sa maman, férue de mythologie grecque, qui trouvait que Pollux était un bon nom pour lui. A l’école, tout le monde regardait le Manège enchanté. Alors pensez, il prenait cher, le pauvre gosse ! Il avait un seul pote, un gros minet que l’on appelait Titi. Lui, on se moquait de lui parce que l’histoire se passe à Marseille, et que Titi, ça fait très parisien. Les autres n’étaient pas méchant avec eux, mais que voulez-vous, c’est cruel un enfant ! Du coup Pollux et Titi restaient ensemble, l’un évitant soigneusement de se moquer de l’autre, et réciproquement. Un jour, Pollux dit à Titi :
« – Tu sais Titi, parfois je me demande qui je suis »
Titi était assez peu enclin aux questions existentielles, il se contenta donc pour réponse d’un vague « hein ? ». Oui, il faut dire que les parents de Titi venaient de Tourcoing.
« – Oui, renchérit Pollux. Bon, je m’appelle Pollux, et je suis un castor. Mais voilà, il y a les Gémaux, Castor et Pollux. Ils sont deux. Et puis moi en plus, je suis Sagittaire !
– Oui, ils sont deux, mais toi tu es tout seul… quoique dans ta tête c’est pas dit…
– Je suis tout seul, et pourtant je ne sais pas si je me sens plus Pollux, ou plus castor.
– Tu es les deux ! Castor, c’est ce que tu es, comme moi je suis un gros minet, et Pollux, c’est qui tu es, comme moi je suis Titi !
– Et cela ne te fais rien, d’être Titi et gros minet ?
– Que voudrais-tu que ça me fasse ?
– Ben je sais pas. La première fois que je t’ai vu, hein, j’crois qu’jai vu un gros minet, mais après tu m’as dit que tu t’appelais Titi. Je ne savais plus comment t’appeler… »
Ah oui, j’ai oublié de vous dire que dans mon histoire, le dessin animé Titi et Grominet n’existe pas. Du coup ça ne fait rien à Titi de s’appeler Titi, à part que ça fait parisien. Donc Titi répondit
« – Hein ?
– Laisse tomber Titi, je vais demander à la maîtresse. »
Donc Pollux alla voir la maîtresse, qui ne savait pas trop quoi lui répondre. Dans le doute, elle alla voir le psychologue de l’école. En l’attendant, Pollux retourna voir Titi, qui lui demanda :
« – Alors elle t’as dit quoi la maîtresse ?
– Heu… j’ai pas tout compris… elle a dit que j’étais un espèce d’individu… ou l’inespèce d’un vidu… ou l’individu d’une espèce, ou un truc comme ça, et elle a dit que c’était les deux, et que dans le doute, elle allait voir le spylochogue. »
Le psychologue (oui, moi je sais le prononcer) diagnostiqua une schizophrénie précoce. Dans cette histoire, on s’embête pas avec les fous, on les bute. C’est un peu violent je sais, mais bon, faut pas se poser de question.
Oui, l’histoire fini mal, mais j’avais rien promis
Bon, on peut la faire finir un peu mieux
Alors, le policier visa pile entre les deux yeux du castor Pollux, et lui éclata la cervelle. Les petits morceaux allèrent ensuite rejoindre chacun une étoile, dans la constellation des Gémaux. Et Pollux désormais est serein, sur sa tombe, il y a écrit : « Pollux, castor ».
C’est poétique, non ?

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Sel

Quand viennent les acides reculés des merveilleuses amours
……..Les gènes
…………….S’en mêlent
Passions poissonneuses entrainent les fruits des marais cabrés
……..Tarifs
…………….Minuit
La maîtrise des sang sans grisaille glisse les individualités pathologiques
……..Verrerie
…………….Des puits
Quand les petits pourceaux prouvent leur appartenance au monde
……..Les gènes
…………….S’emmêlent
Dans un bouillonnement fébrile fécondant sa vision perdue boise
……..Tapage
…………….Nocturne
Une projection de feu blanc attouche la muqueuse sincère
……..Huis-clos
…………….Seul
Fenêtre en acier trempée des grêlons grisonnants éclate en sel
……..Surprise
…………….Sous vide
Fuite en avant de la vie et du vent ça caresse peut-être
……..Chaloupe
…………….Évacuée
Il est temps de fermer les sourcils car le spectre a fondu
……..Genèse
…………….Gênée
La caravane est cassée et le nez cassé des cars a vanné les veaux
……..Brume
…………….Fil
Pas de liaison sans essai fermé suivant les nausées sensibles
……..Brutale
…………….Fission
Hommage dommage d’homme mage aux magiciens
……..Grinçant
…………….aveu

Test-micro

Holocauste sur un printemps amer.

Les ondes ont une dynamique particulière : elles se croisent sans s’altérer.

Rêve

Les livres noirs déballent les dégâts des autres couleurs

Le big bang a marqué la fin de la guerre de Trois éléments

Dialogue entre deux entités aveugles et variables.

Avertissement : casser le vase à Soissons déclenche la mousson.

Rêve

En mourant, les hommes se libèrent de la contrainte de vivre.

Le noir et le blanc peignent les souvenirs trop kantiens.

Les blancs débutent dans l’échec mondial.

Assedics accusées de faire vivre des machines cassées

Rêve

L’équipe de France a gagné la coupe du monde face au Brésil.

Rêve rêve rêve

Un grillon tombe, et l’on fabrique un bonhomme de neige.

Si je n’étais pas né français, je n’aurais pas compris mes parents.

A l’école de la charité, les expériences sont faites sur des sourires.

Des ciseaux glacés galopent comme des chevaux.

Rêve.

Dans les trous noirs, la matière n’est plus que de l’énergie.

Émergence d’un monde nouveau.

Je répète : émergence d’un monde nouveau

Rêveurs

Le Titanic ne s’est jamais écrasé sur le Pentagone.

Les exercices de l’inertie expriment des expériences imprimées.

La sélection naturelle est prête pour le prochain match.

Rêveurs

L’armée rouge a tagué les murs de la maison bleue.

On ne sert pas de mûres au déjeuner des prisonniers.

Les éléphants boivent du rhum pour oublier les vagues.

Les porte-clés sont collectionnés.

Rêveurs

Rien ne sert de courir, on le fera demain.

Les coulées de graisse ont étouffé Pompéi.

Babel divise Babylone et Bab-el-Oued

Rêveurs

Le préposé au trésor public fait la prosopopée du capitalisme en se suicidant.

Rêveur

Le billet vert fait rire et pleurer les petites filles violettes

L’esclavage a été aboli avant-hier

Rêveurs !

Il y a un blanco percé qui fait oublier les cris de rage et de victoire.

Fin d’un dessin, début d’un autre

Cherche le nom de l’illuminé qui nous éclaire

Rêveurs… rêveurs… rêveurs…

Rêveurs de tous les pays, unissez-vous.

Eux

.Il y avait eux
………………Qu’on regardait de loin
.
………………………………..Les cordonniers
……..Sont les plus mal chaussés
.
…Il n’y a plus
………………………………..De magasin
.De chaussure

Jurisprudence

Justice sans prudence est faite dans une morgue en grève c’est à dire que des grandes filles en arbres avalent des poutres spectaculaires pour échapper aux ursulines habitées par de nombreuses et grandiloquentes limailles de fer déposées là par hasard sans se soucier du chemin abrupt qui sépare la famille des autres morceaux de scotch ce qui a pour conséquence directe d’atrophier l’onde douce qui d’ordinaire prétend que le chien est arrivé par la mer et non qu’il descend de l’alphabet comme l’annonçait depuis des millénaires le vent d’est celui-là même d’où découlent tendrement d’autres abeilles couronnées par une vague passante dans l’arche indienne verte et bleue et puis noire et orange d’un mouvement grouillant d’une porte ni fermée ni ouverte d’un oiseau qui perd la peau d’un ours mal vendu à tel point que d’un poignard poisseux pousse du pur poison piquant pour planter dans la putride poitrine d’une pieuvre poreuse pile poil prêt à pomper du poivre précieux qu’un pépiniériste populaire promet à la princesse prégnante d’un pauvre petit poucet pipé par un tumulte détonant issu d’une fumeuse affaire d’eau de Cologne perdue ou déclarée de guerre magique entre les origines des cuirs et les affreux zozos zoophiles un peu zarbos guerre qui soit dit en passant n’est vitrifiée qu’à l’aune des chênes de cuivre dont l’oxydation provoque un drôle de réverbère en ivoire et en diamants c’est le beau palais de la trompette où s’affairent et s’affolent deux cent mille millions de pommes de pin elles préparent de la viande et du feu salé suivant un processus précis et aléatoire mais les gifles seront peut-être les dernière à s’accrocher au fil de fer à souder à cheval de lance à repasser forgé de relieur à friser rouge où se croisent les captifs définitifs inventifs d’infinitifs progressifs en sniffant leur came à sous-trafiquant de police masturbée dans son univers de courtoisie bien de chez nous qui sommes les poteaux électriques contre toute cadence alternative du mouvement superflu intrinsèquement lié à la fuite en avant de la grandeur des temps des vents et des champs magnétiques croissant aux amandes et au jambon gras de fièvre pulmonaire gluée à l’astre fragile des nuits passées à attendre que le cœur de la vie batte en brèche les assaillants salés soumis surprise cerceaux caveaux cerveau lampe halogène hydrogène anxiogène et cancérigène atmosphérique violet fumant ultra millésimée carrosse passant sur la route aux prix cassés pour la concurrence fantôme mange ton ananas à la nature fluide qui se meut dans une sphère aux arrêtes tentatrices du vers de terre si pas de ou moi je lui nous autres atome altérité tu tues tutu elles coton doux qui froid de non lisse et dure encore les remous sans arrêt de la mercerie sur le macadam explosif allusif exécutif du pouvoir judiciaire justiciable justicier juriste prudent fait jurisprudence c’est à dire dans le cimetière fermé d’une prudence sans justice.

Nouvelle

PREMIÈRE PARTIE

« Je vais enfin comprendre ».

DEUXIÈME PARTIE

I

La table est belle, bien servie. On fête son deuxième anniversaire. Les hommes rient et rotent. Il regarde en l’air.

II

Il a quatre ans, mais il ne parle pas, et cela inquiète ses parents. Les spécialistes consultés n’ont détecté aucune malformation. Théoriquement, il n’est pas muet. L’unique problème, finalement, c’est qu’il ne peut pas aller à l’école.

III

Les parents sont soulagés. On craignait qu’il ne parle jamais. On avait peur qu’un quelconque trouble psychopathologique, lié certainement à la grossesse, ne l’inhibe. Mais depuis cet été, il parle.
Son père se réjouit de ce que l’école publique accepte encore les inscriptions fin juillet. Il entre, comme tous les enfants de son âge, au CP.

IV

Les parents sortent bouleversés de cet entretient. Leur fils a de bons résultats, certes, mais question socialisation… Il passe tout son temps libre à cligner des yeux, fixant le mur du préau. Parfois, il tourne la tête, regarde le ciel, mais guère plus d’une dizaine de secondes. Ses camarades, parfois, se moquent de lui. Ils le prennent pour un fou, car enfin, maman, il est bizarre tout de même !

V

Il a obtenu son bac. Scientifique, avec mention. Il a un projet. Il veut devenir ophtalmologiste. La mère sait qu’il n’est pas comme les autres. Elle l’a toujours su. C’est pour cela qu’il ne parlait pas avec les autres enfants de son âges. Le père au moins est rassuré. Son fiston a des ambitions. Il sera un grand médecin; il n’a pas de souci à se faire pour lui.

VI

Ça y est, il est installé. Il a un cabinet. Ses patients trouvent que lui au moins, eh ben il est professionnel. Il parle pas beaucoup, c’est vrai, mais qu’est-ce qu’il est efficace, dis-donc !

VII

La myope, comme tout le monde l’appelle, trouve ce matin, au cabinet, un écriteau annonçant la fermeture définitive. Il est parti, et elle doit donc aller chercher un autre ophtalmo.

TROISIÈME PARTIE

« Disparition mystérieuse.
Ce matin, Mme … a trouvé la porte de son oculiste fermée. Elle avait pourtant un rendez-vous fixé avec lui de longue date. En effet, Mme … a des problèmes liés à […].
Sa mère, veuve depuis quatre ans, se dit surprise, mais pas inquiète […]
Aucune trace de lutte n’ayant été retrouvée sur les lieux, et la pancarte ayant été authentifiée par un expert, aucune enquête ne sera ouverte, d’autant qu’apparemment, il ne cotoyait personne.
De nos jours, décidément, la solitude semble peser, comme nous l’explique […] »

QUATRIÈME PARTIE

Dans son laboratoire, il transpire à grosses gouttes. Cela fait maintenant dix ans qu’il s’est retiré du monde, et qu’il tente de percer ce mystère. Le vrombissement de son ordinateur est couvert par les cris des animaux divers qui cohabitent ici. Les murs sont tapissés de schémas complexe, sauf un, immaculée, qu’il fixe pendant des heures, avant d’enregistrer ses impressions sur un dictaphone. « Celle-ci, c’est la dernière ».
Il tape fébrilement les dernières infos sur son ordinateur, valide…
« Je vais enfin comprendre »
Lentement, une courbe se dessine à l’écran. Il suit avec attention ses variations.
« Il ne pouvait en être autrement. Soit, qu’il en soit ainsi. Après tout, j’étais prévenu »

CINQUIÈME PARTIE

« Explosion mystérieuse à …
Hier, vers cinq heures du matin, les riverains de … ont été réveillé par une détonation assourdissante. Il s’agirait, selon nos informations, d’une vieille bâtisse abandonnée depuis une quinzaine d’année, à la mort de son propriétaire. Que s’est-il passé ? On ne le saura sans doute jamais puisque la maison a proprement été pulvérisée pas l’explosion. Il ne restait, à l’arrivée des pompiers, qu’un amas de gravas. Il n’y aurait, pour toute victime, que quelques animaux, qui avaient sans doute élu domicile là. Mais le plus étrange, c’est que malgré l’apparente violence de l’explosion, rien ne semble avoir été touché, à part la maison bien entendu.
Ici, les avis sont partagés, certains affirment […] »

SIXIÈME PARTIE

Persistance rétinienne : n.f. Image restant imprimée […]

SEPTIÈME PARTIE

« La vie enfin, écrite sur mes yeux. »

Poids du vide

Il y a des moments comme ça où le vide prend du poids
Où même Dieu ne réconforte plus ceux qui y croient
On voudrait la pellicule assez longue pour connaître la fin
Hélas toujours retombe l’absurde et gigantesque rien.
Comment accepter d’un seul coup la panne ?
Sombrer seul sans l’aide d’Ariane
Sans d’ailleurs même jamais la rencontrer
Survoler trop vite les champs enfumés.
Il y a des tours du monde que l’on finit trop vite
Trop de précipitation pour une maturation sans suite
Trop d’oublié(e)s dans un cadre de verre
A cela on rajoute souvent les voyages d’hiver.
Cicatrice refermée, d’enfin une errance
Ressortira le sang, quoiqu’en fait l’absence
Ne fut qu’illusoire
Et très passagère
Exutoire
Éphémère.

Tenter de retrouver parmi les peaux mortes un peu de lumière
Est une tâche qui s’avère nécessaire
Du moins quand on veut dormir
Cependant le risque est grand de pervertir
L’absolue rigueur de l’abyssale immensité
Que l’on nomme souvent et très simplement vérité…
Mais comment lui infliger cette unité
Verbale ? Vive la complexité !
Ça nous donne un pied pour mesurer,
Voire un maître pour danser.
Bruler nos sourcils
Se servir de nos larmes séchées comme du charbon de bois
Ils croissent jusqu’à montagnes et terrils
Aux sommets desquels s’assoient les petits rois.
On me parle d’amour, comme raison de l’être
Je ne vois aujourd’hui que cruels paraîtres
Qu’une pierre hasardeuse brusquement fait dérailler
Connexions neuronales quelque peu déphasées.
Tant de peines et tant de souffrances
Pour les seules justifiées d’existences
Ici, à savoir les consciences
Tristesse relative et vie sans consistance.
Qui s’enfuient
Laissent passer
Les paradis
Créés.